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Le Club Med abandonne LE navire ?!

CM2-

Le Club Med 2 abandonné? La journée commençait plutôt bien: Une amie m’envoyait de belles photos du CM2 en escale à Nice et peu de temps après une autre amie me confirme ce qu’on croyait être une mauvaise blague: « La direction du Club aurait pris la décision de s’en séparer!!! »

Petit rappel historique de la saga des plus grands voiliers du monde:

Dans les années quatre-vingt, les Ateliers et Chantiers du Havre (ACH) ont fait une entrée remarquée sur le marché du paquebot en mettant au point un navire qui réunissait les techniques du passé et celles de l’avenir : un bateau d’un nouveau type propulsé par des voiles entièrement automatisées. C’est en effet dans leurs bureaux d’études que sont nés les paquebots à voiles de la série des Wind avec le « Wind Star, le Wind Song et le Wind Spirit » (le Wind Song a entièrement brulé depuis) des navires de 130m de long pouvant accueillir 160 passagers (hors équipage). Ils ont toujours été la propriété de l’armateur américain Windstar Cruises.

le Club Med 2, le Wind star et au fond le Wind Spirit

 

Au vu du succès de Windstar Cruises, le jeune armateur Jean Marc Poylo à la tête de la Cie Services et Transports envisage la construction d’un paquebot à voiles beaucoup plus grand que ceux de cette compagnie. Il va s’associer avec Gilbert Trigano, le patron du Club Méditerranée, qui, souvenons nous s’était porté acquéreur du mythique paquebot France juste avant que la Norvège finisse par l’obtenir pour le rebaptiser Norway. Et bien entendu, c’est aux ACH que Jean-Marc Poylo va passer en 1987, la commande d’un paquebot à voiles d’une capacité double de celle des Wind. Ce sera un cinq mâts et le plus grand voilier du monde. Le plus sophistiqué aussi : un royaume de robots et d’automates. Son coût sera de 550 millions de francs (100 millions de dollars) principalement obtenus grâce à l’utilisation des avantages que la loi Pons, offre aux entrepreneurs dont l’activité est susceptible de participer au développement des départements et territoires français d’outre-mer.

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le Wind Surf (ex Club Med 1)

Le Club Med 1 est mis en service en 1990 d’une longueur de 187m et 20 de large, il a une silhouette particulièrement élégante. Son faible tirant d’eau, 5,10 mètres, lui permet de mouiller à proximité des plages et des criques, inaccessibles aux gros paquebots de croisières, ce qui facilite le débarquement de ses passagers. Le voilier géant qui bat pavillon des Bahamas, aura son port d’attache aux Antilles. Basé à Fort de France en hiver, il rayonnera sur la mer des Caraïbes en proposant quatre itinéraires d’une semaine chacun, de Porto-Rico au nord, aux îles Los Roques et Tortuga au sud, en passant par Saint-Thomas, Virgin Gorda, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, Saint-Kitts, les Saintes, Sainte-Lucie, Bequia, les Tobago Cayes, Mayereau et la Barbade. En été, il sera basé à Toulon, et promènera ses passagers à Cannes ou St Tropez, en Corse, en Italie, en Grèce ou en Turquie.

Devant le succès du Club Med 1, Jean-Marc Poylo et Gilbert Trigano vont décider de commander un second cinq mâts, avec pour objectif de s’attaquer au marché japonais de la croisière dans le Pacifique.

Suivant l’exemple du Ponant, les armateurs vont opter pour une immatriculation aux îles de Wallis et Futuna, qui leur permet de bénéficier des dispositions du code du travail d’outre-mer de 1952, beaucoup moins exigeant que celui de la métropole, entre autres, parce qu’il ne leur fait pas obligation de n’employer à bord que des marins français. L’équipage du Club Med 2 sera, en conséquence, composé de 12 officiers français et 20 marins philippins. Mais le gouvernement a imposé une seconde contrainte, celle d’opérer dans les parages de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna.
Les armateurs réussiront finalement à la ramener à une obligation de fréquenter les eaux calédoniennes pendant la seule période d’octobre à avril. Et ils adopteront un second port d’attache, Guam (9), une île américaine des Mariannes. C’est de là que le Club Med 2 entreprendra de s’attaquer au marché japonais.
Pour autant, le financement du projet n’a pas été complètement bouclé et sur la proposition de la société Althus Finances, les armateurs vont le finaliser par le système des quirats (8), qu’a également déjà expérimenté le Ponant. Trente-six mille quirats de 25 000 francs sont émis, qui trouveront rapidement acquéreurs. Et cette fois, le montant total de l’investissement portera sur 900 millions de francs.

Lancé en juillet 1991, le Club Med 2 quitte le Havre en octobre 1992 pour la Nouvelle-Calédonie. Très semblable dans sa conception à son prédécesseur, il est toutefois équipé de moteurs plus puissants, 8 000 CV au lieu de 5 000, grâce auxquels il peut obtenir une vitesse de 15 nœuds. La capacité de ses deux restaurants et celle de la véranda a aussi été augmentée. Et côté loisirs, un terrain de golf de poche a été aménagé, à la grande satisfaction des clients Japonais qui apprécient un jeu adapté aux dimensions de leur île embouteillée.
Basé à Nouméa pendant les six mois d’automne/hiver, le paquebot fera des croisières de 3, 4 ou 7 jours autour de la Nouvelle-Calédonie, entre l’île des Pins, Hienghène, l’extraordinaire plage d’Ouvéa et Port Vila, sur l’île d’Efaté. Une fois par mois il partira même à la découverte des îles peu fréquentées du nord Vanuatu (les anciennes Nouvelles-Hébrides), Espiritu Santo, Pentecôte, Ambryn et Tana, dont l’hydrographie était alors encore mal définie. Sa clientèle se partage entre japonais, australiens et calédoniens.
Pendant le reste de l’année, le Club Med 2 fera l’essai d’un programme de croisières à partir de Guam, dans l’espoir de conquérir la clientèle japonaise. L’île où débarquent chaque année des millions de touristes nippons est située à quatre heures d’avion seulement de Tokyo et le paquebot leur propose des mini-croisières (10) de 3 à 4 jours, en Micronésie autour des îles de Saipan, Rota et Tinian et des escapades de 8 jours, dans les archipels de Palau. Malheureusement cet essai va se révéler infructueux, le taux de remplissage du navire restant insuffisant.
C’est la même raison qui fera décider la fin des croisières en Nouvelle-Calédonie. Le départ de Nouméa du Club Med 2 sera très regretté par les Calédoniens, car ils l’avaient adopté et le considéraient comme « leur paquebot ».
Par la suite, le navire essaiera de s’implanter en Polynésie, en proposant des circuits au départ de Papeete vers les îles de Moorea, Bora-Bora, Huahine et l’atoll de Rangiroa dans les Tuamotu. Là encore et du fait d’une campagne publicitaire défaillante, ce ne fut jamais un succès financier et cela conduira Jean-Marc Poylo à ne pas renouveler le contrat qui le liait au Club Méditerranée.
Finalement, ce dernier décidera d’acheter le navire et le paquebot mettra cap à l’est vers les Caraïbes, où il va connaître le même succès que celui du Club Med 1 auparavant. Racheté par Windstar Cruises Lines, le CM1 continue d’y naviguer sous le nom de Wind Surf.

La suite on la connait, le CM2 naviguera l’hiver dans les Antilles et l’été en Méditerranée avec quelques belles exceptions comme cette croisière en Amérique du Sud ou dans les fjords scandinaves.

Le Club Med 2 « était » la propriété du Club med, géré la société V-Ships Leisure de Monaco (équipage, entretien…) et l’opérateur la Sté Club Med Marine dont le gérant Thierry Kopferschmitt fut l’un de ses chefs de villages!

En 2014 la Sté CM Marine a réalisé un C.A de plus de 25,6 Millions d’€ soit en moyenne 510 000€ par semaine!

Aujourd’hui le Club Med 2 « serait » en passe d’être vendu à la toujours prospère Wind Star Cruises qui récupérerait ainsi celui qui lui manquait dans la famille des plus grands voiliers du Monde…

Le taux de remplissage de ce « village » était exceptionnel, il était le symbole du « haut de gamme », la tête de proue des villages du Club, celui qui nous faisait tous rêver, je sais que beaucoup de GM qui ont eu la chance d’être à bord vont avoir le coeur gros, j’avais eu le plaisir d’y passer une journée à quai, il me manque déjà!

CM2 Tang

Ce seraitt donc sa toute dernière saison en 2016 aux couleurs du trident, on aurait envie de lui souhaiter « bon vent » mais…

« Henri, Guo… mille sabords! Quel coup de poignard vous nous donnez là! »

cm2 go away

 

Merci aux informatrices et informateurs sur le forum à l’Afcan et à la marine marchande.

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5 comments

  1. C’est vrai à cette annonce , je n’y ai pas cru et pourtant !!!! La fin d’un beau rêve , ceux qui ne sont jamais montés à bord , ne peuvent pas comprendre et pourtant … Une convivialité que nous trouvons nul part ailleurs et c’est pour ça que nous aimons notre cher bateau CM2 …
    Et nous le regretterons à vie

  2. Nous ne pouvons pas croire que le Club Med 2 soit abandonné !
    C’est trop triste,pour nous c’est le plus beau bateau du monde.

  3. J’en ai eu vent il y a 15 jours déjà….Un véritable coup de massue.
    3 croisières en 2 ans, des moments inoubliables, impossible à décrire, il faut le vivre !
    Novices et habitués, profitez, il nous reste encore 1 année ! Pour moi, une croisière 2016 déjà réservée.

  4. Triste.Je crois que la politique du club est de plus en plus nulle.Quelle tristesse

  5. Verneyre-Bartiromo

    et bien… projet repoussé ?
    nous avons fait notre croisière en janvier 2017, là il vient d’arriver en Méditerranée, et nous avons réservé un croisière en mars 2018…. je pense que le Club Med a ravisé sa décision !

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